L’image de marque des produits français à l’étranger ne cesse d’attiser les convoitises. Que ce soient des produits de luxe, des produits gastronomiques ou des vins, ces ambassadeurs de la culture française sont désormais protégés par la loi EGAlim, dont un des amendements, amené par le député audois M. Perea, vise particulièrement la défense des vins français.

Combien de temps a pris la mise en place de la loi EGAlim ?

Après une censure du conseil constitutionnel en 2018, c’est finalement en mai 2020 que la loi est adoptée. 

« C’est un combat que nous avons mené avec mes collègues. » déclare le député. « Il y avait des enjeux majeurs au sujet de l’étiquetage. Ce fut d’ailleurs le thème de la première manifestation dès l’entrée en fonction d’Emmanuel Macron. Depuis 1978, les failles de traçabilité de l’origine des vins posaient problème aux vignerons français. À l’époque c’était au sujet du vin italien qui rentrait à profusion sur le territoire et faisait chuter les cours. Cette première manifestation du mandat Macron visait le même problème, mais cette fois-ci avec les vins espagnols. La réglementation n’était pas assez efficace. » ajoute M. Perea.

Quels sont les changements concrets apportés par cette loi ?

« Elle interdit tout d’abord tout étiquetage qui pourrait tromper le consommateur. J’ai pu voir par moi- même un « Vin de Carcassonne » venant d’Argentine avec sur l’étiquette la Cité, alors que ce vin n’avait rien de français. Désormais, l’origine du produit doit être clairement identifiée » précise le député. 

Alors que c’est relativement facile sur les bouteilles, il est plus complexe de trouver cette information sur les BIB par exemple, avec plusieurs facettes au produit offrant de nombreux endroits où apposer l’origine. 

« Désormais c’est facile à trouver sur le paquet. » confirme l’élu. 

En effet, le nouvel article L213-18 du code de la consommation interdit expressément pour les bouteilles de vin  : « d’apposer ou d’utiliser une marque de produits ou de services, un nom, un signe ou une indication quelconque de nature à faire croire, s’ils sont étrangers, qu’ils ont été fabriqués en France ou qu’ils sont d’origine française et, dans tous les cas, qu’ils ont une origine différente de leur véritable origine française ou étrangère ».

Avez-vous un prochain projet prévu lié à la viticulture ?

« Je m’étais engagé à travailler sur la filière. Elle est gérée par un vieux modèle à changer depuis les années 50 à 60. Je veux m’intéresser désormais à tout ce qui est relié à la vie du viticulteur et tout ce qui est relié au prix de revient. Travailler sur les raisons fiscales pour faire des stocks sans fiscalisation, développer aussi les formations afin de donner aux jeunes l’envie et les connaissances nécessaires pour retourner aux champs. C’est un chantier massif à ouvrir d’ici la fin du mandat. » 

Pour M. Perea, il existe 3 facteurs principaux qui influencent le retour des jeunes à la terre :

  • « Le premier : ces jeunes ont vu leurs parents travailler dur et ne pas toujours réussir à tirer leur épingle du jeu, sans oublier les parents qui motivent leurs enfants à choisir une autre voie. 
  • Le second, on  pousse les jeunes vers les longues études et non des métiers plus manuels. 
  • Enfin le troisième : la filière a besoin de plus d’aides à l’installation et souffre d’un manque de formation » nous confie le député de l’Aude.

Y a-t-il une bonne cave à l’assemblée nationale ? Est-ce que les vins de l’Aude y sont représentés ?

« Non, malheureusement, on ne peut pas dire qu’il y a une bonne cave. Depuis le début du mandat, je me bats pour que dans le restaurant de l’Assemblée on retrouve de bons vins du Languedoc Roussillon. Mais pour l’instant ce n’est pas facile. On retrouve 5 ou 6 Bordeaux et Bourgogne. Dans ces périodes de crise, les députés sont très surveillés, et on peut rapidement avoir un problème d’image auprès des français. Beaucoup de choses sont à changer car l’offre de vin est réduite et on mise plus sur des noms connus que sur la qualité. » conclu M. Perea.

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